Le multi-cloud est censé vous protéger du vendor lock-in. En réalité, il double vos coûts, réduit votre fiabilité, et épuise vos équipes. Voici pourquoi le multi-cloud est un mythe dangereux.
Le mythe
Le pitch du multi-cloud : "Si AWS tombe, votre service continue sur Azure. Si Azure augmente ses prix, vous migrez sur GCP. Vous êtes libre." C'est séduisant. C'est faux.
La réalité n°1 : le multi-cloud double la complexité
Chaque cloud a son propre IAM, son propre réseau, son propre monitoring, son propre IaC. En multi-cloud, vous devez maîtriser deux (ou trois) de chaque. Votre équipe doit connaître AWS ET Azure. C'est deux fois plus de compétences à maintenir.
La réalité n°2 : le multi-cloud double les coûts
Chaque cloud a un coût minimum. Reserved instances, support plans, data transfer. En multi-cloud, vous payez deux fois ces coûts minimums. Et les outils multi-cloud (Terraform, Kubernetes) ne sont pas gratuits non plus — ils nécessitent une expertise coûteuse.
La réalité n°3 : le multi-cloud réduit la fiabilité
Paradoxalement, le multi-cloud réduit la fiabilité. Pourquoi ? Parce que la réplication entre clouds est complexe et fragile. La latence entre AWS et Azure est de 10-50ms. La cohérence des données entre clouds est difficile à garantir. Et le failover manuel entre clouds prend des heures, pas des minutes.
Comparez avec une architecture multi-région dans un seul cloud : la réplication est native, le failover est automatique, la cohérence est garantie. Plus simple, plus fiable, moins cher.
La réalité n°4 : le multi-cloud épuise les équipes
Vos ingénieurs ne peuvent pas être experts en AWS, Azure, ET GCP. Ils seront médiocres dans les trois. La profondeur technique est plus importante que la largeur. Une équipe qui connaît parfaitement AWS est plus efficace qu'une équipe qui connaît moyennement AWS et Azure.
Quand le multi-cloud a du sens
Le multi-cloud a du sens dans quelques cas :
- Conformité réglementaire — Certains pays exigent que les données soient sur un cloud local. Dans ce cas, multi-cloud par nécessité.
- Fusions et acquisitions — L'entreprise acquise utilise Azure, vous utilisez AWS. Multi-cloud par héritage, temporairement.
- Négociation de prix — Avoir une workload sur un autre cloud donne du poids dans les négociations. Mais c'est un bluff coûteux.
Pour 95% des entreprises, le multi-cloud est une mauvaise idée. Choisissez un cloud, maîtrisez-le, et utilisez les abstractions (Kubernetes, PostgreSQL, Terraform) pour rester portable sans être multi-cloud.
La vraie protection contre le lock-in
La protection contre le lock-in n'est pas le multi-cloud. C'est l'abstraction. Si vous utilisez Kubernetes, vous pouvez migrer d'EKS à AKS en jours. Si vous utilisez PostgreSQL sur RDS, vous pouvez migrer vers Cloud SQL. Si vous utilisez Terraform, votre infrastructure est codée et portable.
Soyez portable, pas multi-cloud. C'est moins cher, plus fiable, et plus efficace.
Et vous ?
On vous pousse vers le multi-cloud ? Aprilium audite votre architecture cloud et vous dit honnêtement si le multi-cloud vous aidera — ou vous coûtera plus cher pour moins de fiabilité.
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